L’équipement, enjeu de qualification pour la formation

L’équipement, enjeu de qualification pour la formation

Les 35000 jeunes qui sortent chaque année des établissements de formation professionnelle aux métiers de l’automobile méritent le meilleur en équipement d’atelier. Comment développer une dynamique gagnant-gagnant.

Fin novembre, une table ronde a réuni des représentants de l’enseignement et des équipementiers de garage, pour faire le point sur les échanges entre les fabricants d’outillages ou de solutions de réparation et le monde de la formation à la réparation et l’entretien automobile. Organisée par l'association des journalistes de l'après-vente automobile AJTE et animée par la rédaction de « Brèves-de-Garage », la réunion a posé de nombreuses questions et les réponses ont ouvert de nouvelles perspectives. Il se pourrait même que des solutions étendues à l’ensemble de la réparation en résultent.

Les questions posées ont été principalement :
Les équipements sont-ils adaptés à la formation ?
Les relations entre structures de formation professionnelle et équipementiers sont-elles cohérentes ?

 

Pourquoi les équipementiers se soucieraient-ils de l’enseignement ?

On compte 60 000 ateliers de réparation automobile en France. Pour renouveler la population des réparateurs, la formation initiale dispose de son coté de 335 lycées professionnels qui représentent un effectif moyen supérieur à 35 000 élèves. Les diplômes délivrés vont du CAP à la licence professionnelle (Bac +5).
Pendant leur formation, les jeunes se retrouvent face à des appareils spécifiquement développés pour l’apprentissage du métier (des maquettes didactiques), mais ils doivent également utiliser des appareils similaires à ceux qu’ils utiliseront dans les garages durant leur vie professionnelle. Les équipementiers ont donc tout intérêt à ce qu’ils utilisent du matériel de leur marque pour les habituer à leur utilisation ultérieure, et en faire de potentiels clients.

Pour répondre aux questions, nous avions réuni quelques journalistes de la presse spécialisée, ainsi que les acteurs des métiers considérés :
Stéphane Bouyé, inspecteur d'académie de Versailles ;
David Vayssié, DG Actia Aftermarket et Président du GIEG (Groupement interprofessionnel des industries de garage) ;
Christophe Vander Schueren (responsable des activités didactiques de Exxotest) ;
Alain Kurtz (responsable France et pays francophones pour Haynes Pro, éditeur d'informations techniques) ;
Benoît Friede (responsable des enseignements techniques et professionnel).

 

L’enseignement technique pose des problèmes d’équipement ?

Stéphane Bouyé, inspecteur d'académie de Versailles ;
« Les jeunes ont besoin d’aller plus rapidement dans les apprentissages, en raison de la complexité croissante des véhicules et des technologies. Coté atelier, nous avons donc besoin d’un équipement tel qu’il est dans les garages, et coté technologie théorique, nous requérons des outils didactiques. On essaie d’impulser certaines pratiques numériques qui doivent amener les élèves à s’intéresser aux sujets, alors qu’ils ne sont pas tous des passionnés. »
Benoît Friede (responsable des enseignements techniques et professionnel) ;
« A l’école, il faut que le jeune en ait pour son compte, qu’il soit passionné ou non. Si c’est trop compliqué, il décroche, si c’est trop simple, ça ne l’intéresse pas. On rêve d’un enseignement avec tous les supports didactiques essentiels. Il faut donc disposer de tous les équipements et toutes les marques de véhicules dans les ateliers. C'est loin d'être possible, ne serait-ce que financièrement pour de nombreux établissements de formation. En outre, il ne faut pas oublier les abonnements, le renouvellement des licences, les bases de données. »

 

Quelle implication peuvent avoir les équipementiers ?

David Vayssié, DG Actia Aftermarket et Président du GIEG (Groupement interprofessionnel des industries de garage) ;
« C'est un enjeu pour un fabricant de matériel de pouvoir toucher les jeunes qui vont travailler dans la réparation automobile. Clairement, s'ils ont utilisé un outil pendant leur formation, ils vont privilégier cet appareil pendant leur vie professionnelle. Il faut comprendre qu’avec plus de 300 établissements sur la France, c'est un travail de fourmi de démarcher chaque établissement. Certains établissements utilisent nos outils en reproduisant le contexte professionnel pour les élèves. Actia, originaire de Toulouse a établi un partenariat avec un lycée local, le lycée Gallieni, qui est un test pour sa proximité et sa taille importante. C'est un investissement, mais c’est plus facile localement. Ce rôle peut notamment participer à la formation des enseignants (avec le GNFA). Mais ce qui est réalisé localement est plus difficile à assurer au niveau national pour un équipementier. »
Alain Kurtz (responsable France et pays francophones pour Haynes Pro, éditeur d'informations techniques) ;
« L'aide au diagnostic VESA de Haynes Pro (conçu par Electude) vient s'intégrer parfaitement dans des solutions de formation. Les données techniques de Haynes Pro viennent de la mise en forme des informations qui sont achetées sous forme dédiée à chaque constructeur. Pour des solutions d'apprentissage sur tablette et par e-Learning, il est facile de proposer des solutions qui utilisant les bases de données en remplacement des constructeurs. Nous sommes à la croisée entre la formation et l'application professionnelle et nous pouvons aider les deux métiers à se rencontrer. »
Christophe Vander Schueren (responsable des activités didactiques de Exxotest) ;
« S'installer dans un établissement de formation, c'est s’assurer de l'utilisation ultérieure dans les garages. Faciliter l'usage en formation est une opération commerciale dont peuvent profiter les équipementiers. »

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